La chaumière de Camargue est une véritable habitation annexe. L'exemple de Salin
de Giraud où elles ont formé une véritable agglomération en reste une preuve
indéniable[9]. Pour
leur construction, ce sont les roseaux des marais, la sagne, qui sont
utilisés. Ce type d'habitation édifié avec un matériau extrêmement périssable ne
permet pas de remonter plus loin que le milieu du XVIIe siècle pour retrouver des chaumières
encore intactes. Mais leur trace historique remonte jusqu'au Moyen-Age puisque
l'on sait que le village des Saintes-Maries-de-la-Mer brûla à cause de ses
chaumières. Plus près de nous, les ouvriers sauniers des Salins-de-Giraud
étaient logés dans vingt-deux chaumières dont l'abside était tournée vers le
Nord-Ouest pour résister aux vents dominants
.
L'étude précise d'une des plus vieilles chaumières,
encore intacte, et dont la construction est attestée entre 1649 et 1650 ,a
montré que seule la pierre de taille avait été utilisée pour édifier la cloison
centrale intérieure sur laquelle s'appuyait la cheminée. Tout le reste était
bâti en roseau. Cette structure s'est pérennisée, l'intérieur d'une chaumière
est toujours composé de deux pièces séparées par une cloison dénommée
méjean. Elle délimite la chambre à coucher de la pièce commune. Le plus
souvent existe à l'extérieur un auvent qui permet d'installer une table et des
bancs. C'était un lieu de travail pour le pêcheur ou le gardian qui y résidait
(réparation de filets ou fabrication de longes et de licols pour le
cheval).

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